vendredi 25 novembre 2011

Jeudi 24 et Vendredi 25 Novembre

Nous nous réveillons Jeudi matin à Ushuaïa, le terme de cette croisière. Nous découvrons une ville à la fois touristique et industrielle dont la population a doublé en 10 ans (75 000 habitants aujourd'hui). C'est un port important pour le tourisme et la pêche.



Nous n'avions croisé aucun bateau de croisière pendant ces 2 semaines, mais ce matin, il y en a deux qui viennent accoster sur le même quai que le notre : un gros bateau allemand et un navire russe.
On trouve même ici un magasin Carrefour. Par contre, la guide argentine (et oui, nous ne sommes plus au Chili) qui nous accompagne à l'aéroport nous explique que les habitants d'Ushuaïa n'ont jamais entendu parler ni de Nicolas Hulot, ni de Florent Pagny.Notre voyage retour va durer 30 heures depuis le moment ou nous saluons le commandant Garcia en quittant le Boréal jusqu'à ce Vendredi après-midi ou nous posons les valises chez nous.Entre les 2, nous avons eu le soleil avec 31°C à Buenos Aires. Nous avons maintenant retrouvé la grisaille parisienne.
Il ne nous reste plus qu'à trier les centaines de photos que nous avons prises afin de vous en faire profiter lors de nos prochaines rencontres.
Et puis nous attendons avec inquiétude le verdict de la balance afin de savoir si on doit se mettre un peu au régime (mais ça, on ne vous le dira pas ...)
Pour conclure, nous vous mettons le menu du dernier dîner de gala et une preuve de notre passage au Cap Horn.




mercredi 23 novembre 2011

Mercredi 23 Novembre : mythique

Au réveil, ce matin, nous nous trouvons au nord de l’île du Cap Horn. Et, vous n’allez pas nous croire, il fait un temps splendide.
Alors, le commandant Garcia a décidé de nous faire débarquer sur cette île du bout du monde. Pendant 2 heures, l’équipage va préparer ce débarquement, car, bien qu’il fasse beau, il ya un peu de houle. Le problème n’est pas l’arrivée sur la petite plage au pied du phare, mais l’embarquement dans les zodiaks.
Sur la marina à l’arrière du Boréal, la marche pour mettre le pied sur le zodiak varie de 20 cm à plus d’un mètre. Mais avec l’aide de 4 matelots, personne ne tombera à la mer. Et c’est bien équipé dans nos parkas que nous embarquons et tout se passe bien même si on sera copieusement arrosé au retour.



Quel émotion de fouler cet îlot sur lequel on trouve un monument représentant un albatros, plusieurs stèles à la mémoire des cap-horniers, une chapelle et un petit phare habité par un couple, un enfant et un chien. Le commandant fait d’ailleurs débarquer un sac de provisions (notamment des fruits frais) et des bouteilles de vin à l’attention de ces gardiens de phare. Nous franchissons les 440 marches d’escalier en bois qui permettent de parcourir ce petit bout de l’île Horn. Nous signons le livre d’or, nos passeports sont visés avec le tampon du Cap Horn.




De retour à bord après cette petite expédition exceptionnelle, le Boréal contourne alors l’îlot afin de doubler le Cap Horn d’Est en Ouest comme à l’époque des grands cap-horniers. Au passage devant cette falaise de 450 m, le commandant fait stopper le navire et tourner la plage arrière face au cap, fait hisser son pavillon personnel et sabre le champagne : musique, marseillaise, photos et toasts. Il nous dit qu’en 30 ans de carrière, il n’a jamais franchi le Cap Horn dans des conditions météo aussi favorables. Il est 14h30.




Puis c’est le retour vers Ushuaïa où va se terminer notre périple ce soir vers minuit. Le vent s’est levé et la mer s’est creusée et même pas malade : on doit prendre l’habitude.
Il est maintenant 18h, nous allons nous préparer pour la soirée de gala qui clôture ces 2 formidables semaines.
Demain matin nous nous envolons d’Ushuaïa pour Buenos Aires, puis en fin d’après midi pour Roissy ou nous devons arriver Vendredi vers midi.
Merci à tous pour vos commentaires et vos mails. Nous vous donnerons d’autres nouvelles après notre arrivée.

Mardi 22 Novembre

Hier au soir, nous avons eu droit à un concert de flûte de pan par notre conférencier chilien Francisico. Cet homme, en effet, en plus d’être ethnologue est un excellent musicien reconnu dans son pays. Il est capable de jouer en même temps de la flûte de pan et de la guitare.


Ce matin, nous nous réveillons avec le beau temps. La chance continue à nous sourire avec la météo. Nous avons quitté le détroit de Magellan pour redescendre plus au sud en direction du canal Beagle. Mais avant, le Boréal s’engage dans un fjord étroit au fond duquel on découvre le glacier Garibaldi qui descend de la cordillère de Darwin : Magnifique sous le soleil.
Le commandant Garcia, qui avait fait des relevés ici en 2005 constate que le glacier a avancé de 800m depuis cette date. Le front de glace mesure 50m, mais il y en a autant sous l'eau.
C’est notre 5ème sortie en zodiak, nous sommes maintenant parfaitement rodés : Aujourd’hui, nous serons particulièrement gâtés : nombreuses chutes de glace dans la mer, mais aussi nous pouvons approcher des nichées de cormorans dans la falaise et une otarie curieuse et cabotine viendra jouer devant notre zodiak : magique.





Pendant ce temps, plusieurs membres d’équipages tournent autour du Boréal sur des zodiaks afin de finir de cartographier ce fjord. Ils sondent tous les 50m et en donnant leur position à l'aide de réflecteurs radar tournés vers le navire.
Nous repartons en fin d’après-midi pour emprunter le canal Beagle (du nom du navire qui amena Charles Darwin dans ces régions). Pendant que nous dînons, nous voyons défiler les glaciers au coucher du soleil.





Il est maintenant 22h30. Nous allons dans quelques instants passer devant Ushuaïa. Et pendant la nuit, nous entrerons dans l’Océan Atlantique et mettrons le cap plein Sud pour le Cap Horn.

lundi 21 novembre 2011

Lundi 21 Novembre

Comme prévu, le Boréal franchit le passage du Kirke ce matin vers 8h30. Même scénario que Samedi : pour préparer la traversée, le second est allé en reconnaissance à bord d’un zodiak pour mesurer la vitesse des courants. De notre cabine, nous voyons défiler la côte à quelques mètres seulement. Aujourd’hui, c’est une journée transitoire au cours de laquelle nous allons atteindre la Terre de Feu, cette île du bout de l’Amérique du Sud.

On en profite donc, à la demande de mon neveu, pour vous présenter notre cabine. Comme vous pouvez voir, il y a tout le confort avec un petit balcon dont nous avons pu profiter au début du voyage quand il faisait encore chaud. On vous met aussi une photo de la salle à manger principale.Quelques mots sur le Boréal : c’est un navire qui est sorti des chantiers navals en 2010. Il est propulsé par des moteurs électriques alimentés par 2 groupes diesel. Résultat : il est tellement silencieux qu’on entend davantage le bruit de la clim que celui des moteurs. Il a obtenu le label « clean ship » qui est le plus élevé en ce qui concerne les normes de respect de l’environnement. Tous les membres d’équipage y sont très sensibilisés, notamment dans ces régions encore vierges. Ils sont très attentifs à ce que nous ne laissions aucune trace lors de nos sorties et débarquements en zodiak.




Aujourd’hui, ce fut donc une journée de farniente et de conférences, notamment une sur l’astronomie : les constellations de l’hémisphère sud n’ont plus de secret pour nous.
Mais même lorsque nous n’avons pas de sortie zodiak ou d’excursion, il se passe toujours quelque chose. Vers 15h, la passerelle nous alerte : baleines à 1 heure. Le Boréal ralentit alors sa course et nous pouvons observer au moins 4 cétacés ainsi que des albatros qui ont aujourd’hui beaucoup de mal à voler, car il y a exceptionnellement peu de vent : En effet, ces oiseaux qui sont les plus grands oiseaux volants de la planète sont habitués à planer et pour cela, ils ont besoin de vent. Lorsqu’on les voit s’arracher péniblement de l’eau, on ne peut s’empêcher de penser à l’albatros du dessin animé ‘Bernard et Bianca’ qui avait tant de mal à décoller.






Nous sommes entrés dans le détroit de Magellan vers 16h, laissant à notre gauche la Patagonie et approchant de la Terre de Feu à notre droite : ça c’est pour demain…..

Dimanche 20 Novembre : El condor pasa

Aujourd’hui, le Boréal reste ancré dans la baie de Puerto Natales pendant que nous partons en excursion pour la journée dans le parc National « Torres del Paine ». Pour cela, on s’est levé à 6h ce matin. Après le mauvais temps de la veille, nous retrouvons une météo plus ensoleillée.
Pendant le trajet en car le matin, nous faisons pleins de rencontres sympathiques : des nandous, des aigles, des flamands roses, des troupeaux de guanacos et des condors.





Les paysages sont superbes. Le massif de « Torres del Paine » est une curiosité géologique, car il est relativement récent et ne fait donc pas partie des Andes toutes proches. Pour les nombreux marcheurs qui lisent ces lignes, il y a plein de possibilités ici, notamment le tour du massif en une dizaine de jours ou des randos un peu plus courtes permettant de se balader au pied des « tours » ou des « cornes », les sommets les plus caractéristiques. Mais attention, il ne faut pas craindre le vent qui souffle ici en permanence. Nous avons d’ailleurs eu au programme de cette journée une petite rando de 2 heures où nous avons profité de l’air « vivifiant » du coin.





Nous rentrons à Puerto Natales à 19h30. Le Boréal lève l’ancre à 20h30 pendant le dîner et vient se positionner près du passage du Kirke que nous allons passer dans l’autre sens demain matin pour mettre le cap sur le détroit de Magellan.


PS: désolé pour la qualité des photos d'animaux, mais elles ont été prises à travers les vitres du car.

samedi 19 novembre 2011

Samedi 19 Novembre


Ce matin, nous avons encore droit au climat typiquement patagonien : pluie et vent. Il est même tombé un peu de neige sur les sommets environnants. Nous naviguons dans le canal Montana. C’est une succession de cascades et de glaciers dont certains descendent jusqu’à la mer. Aujourd’hui, le commandant Garcia a pour projet de nous faire poser le pied sur une de ces îles désertiques. Il envoie donc régulièrement le second à bord d’un zodiac pour rechercher un endroit où il pourra nous faire accoster en toute sécurité. Nous suivons tout cela bien à l’abri, et après plusieurs tentatives infructueuses, enfin le message du second : ‘ici, ça va le faire !’. Nous sommes au pied d’un glacier très pentu qui descend jusqu’à la mer, et juste à côté du front de glace, une petite plage de galets.




En moins d’une ½ heure, tout est prêt pour nous faire débarquer. Nous avons encore une chance extraordinaire, car la pluie s’arrête pendant le temps de notre mini expédition. Nous ne serons mouillés qu’au retour par les vagues à bord du zodiac.










Le commandant nous dit que c’est la première fois qu’il faisait débarquer des passagers ici. Depuis que nous avons quitté Tortel il y a 3 jours, nous n’avons rencontré personne. Ces contrées sont totalement ignorées des circuits touristiques classiques : pourvu qu’elles le reste encore longtemps. Tout ce que nous avons découvert dans ces canaux patagoniens n’est accessible que par la mer.
Cet après-midi, nous avons eu notre conférence quotidienne : cette fois-ci, il s’agit des Albatros, conférence animée par Marcel, notre naturaliste portoricain.
Puis visite des cuisines pour nous mettre en appétit. Tout est fait sur place, boulangerie, pâtisserie, sauces,…Le chef nous explique quelques-uns de ses trucs pour garder frais les fruits et légumes, mais nous dit rien sur ses recettes. Les menus ne sont pas imposés au départ. Il a toute liberté en fonction de l’approvisionnement aux escales et de la consommation à bord : un vrai challenge….




Dernier événement de la journée, le passage du Kirke, un étroit chenal qui va nous permettre d’entrer dans la baie d Puerto Natales. Le Boréal va franchir ce passage « à l’ancienne » : un zodiac part reconnaître les lieux et communique en temps réel à la passerelle la vitesse et la direction des courants qui changent en permanence. Ce passage n’est accessible qu’aux navires de moins de 150m de long : le Boréal mesure 140m.
Après le dîner, nous apercevons les lumières de Puerto Natales à l’horizon, premiers signes de civilisation après 3 jours de navigation au milieu des glaciers.

vendredi 18 novembre 2011

Vendredi 18 Novembre : impressionnant

Le commandant nous réveille à 7h ce matin, quand nous arrivons déjà en face du glacier Skua. Le temps est patagonien, mais cela ne nous décourage pas pour la sortie zodiac du jour. Nous nous habillons donc chaudement avec parka et sur-pantalon et nous sommes partis dans un labyrinthe de glaces. Le glacier Skua est moins large que le glacier Pie XI de la veille, mais aussi haut. Il doit également avancer plus vite vu la quantité de glace qui flotte sur le fjord.







D’ailleurs on l’entend craquer et voyons régulièrement tomber des morceaux de glace jusqu’à ce qu’un pan entier du front du glacier tombe dans la mer. Donc, mise en pratique des conseils de sécurité de la veille : les zodiacs se positionnent face à la vague qui arrive sur nous quelques secondes plus tard : impressionnant, mais tout se passe en douceur.












Nous rejoignons le Boréal pour le repas, et il lève l’ancre à destination d’un autre fjord pour le 3ème glacier de notre périple.
Ce qui est sympa c’est que les membres d’équipage qui ne sont pas de quart et les autres membres du personnel du bord qui ne sont pas de service peuvent également participer aux sorties en zodiac.
Il y a 12 zodiacs à bord en plus des 2 chaloupes de sauvetage qui nous servent également à débarquer lors des escales. Ce sont les officiers et les stagiaires qui pilotent les zodiacs. Ces derniers nous font part de la chance qu’ils ont de pouvoir faire leurs stages dans de telles conditions, en comparant à leurs camarades de promotion qui sont sur des porte-containers.




Pendant que nous déjeunons, on voit de plus en plus de glaces sur le fjord et au détour d’un méandre, le glacier "Asia" apparait et la chance nous sourit avec une éclaircie pendant que le Boréal se positionne face au mur de glace. En passerelle, l’équipage fait un calcul de la hauteur du front de glace à l’aide des instruments de bord : 320m de haut. Ici, pas de sortie zodiac, d’autant que l’on voit tomber des blocs de glace très fréquemment.






Pour terminer l’après-midi, un peu d’exercice à la salle de sport et une conférence sur l’île de Pâques. Nous vous avons déjà parlé de nos conférenciers. Ce sont des passionnés. Il y a Francisco, le chilien qui est ethnologue. Le second, Marcel, naturaliste costaricain ne se déplace pas sans sa paire de jumelles et ses bouquins sur les oiseaux qu’il avait même à bord du zodiac sous la pluie ce matin.
Sinon, pour répondre à Sam, Françoise va bien, car dans les canaux, il n’y a pas de houle. Mais la pression monte, car on approche du Cap Horn ….