jeudi 17 novembre 2011

Jeudi 17 Novembre : Grandiose

Quand on se lève ce matin vers 6h30, on croise quelques glaçons et en allant sur le pont à l’avant, on aperçoit le glacier ‘Pie XI’ au fond du fjord. Pendant le petit déj, le Boréal va jeter l’ancre à un peu moins de 1 km du glacier et à cette distance, on n’imagine pas encore les dimensions de ce front de glace.



On embarque à 8h dans les zodiacs pour aller voir de plus près. Et là, pendant 1h30, on va longer le glacier au milieu des blocs de glace. Le glacier mesure 65 km de long. Le front de glace est large de près de 5 km avec par endroit une hauteur de 80m. C’est grandiose.
Le commandant surveille les opérations et rappelle à l’ordre les pilotes qui s’approchent un peu trop près : la distance de sécurité, c’est 1,5 fois la hauteur du front de glace. A cette distance, on nous a affirmé qu’il n’y avait pas de danger. En cas de chute de bloc de glace qui provoque une vague, il suffit de s’accroupir au fond du zodiac, le pilote se positionne face à la vague, et puis on attend que ça passe… On n’a pas eu l’occasion de tester…
Programme de l’après-midi très chargé : sieste, un peu de vélo à la salle de sport et une conférence sur les otaries (maintenant on sait distinguer un phoque d’une otarie…). Le Boréal continue à naviguer dans un dédale de canaux et d’îlots, de chaque côté des dizaines de cascades. Ce coin de Patagonie est complètement désert : nous n’avons pas croisé le moindre bateau de la journée.








Le temps a commencé a changé dans l’après-midi : beaucoup de vent et un peu de pluie. La dernière photo d’aujourd’hui vous montre ce qui est certainement une image beaucoup plus habituel de ce coin du bout du monde.

Mercredi 16 Novembre : Séquence émotion

Cette nuit, le Boréal est de nouveau entré dans les canaux chiliens vers 2h30. Il y a eu parait-il pas mal de monde perturbé par le mal de mer cette nuit (même des membres d’équipage).
Quand on se réveille vers 7h, nous naviguons dans un fjord qui me rappelle beaucoup la Norvège. Vers 8 heures, le commandant fait donner la corne pour annoncer l’arrivée du Boréal aux habitants de Tortel, tout au bout du Fjord. Ce petit village de pêcheur de 500 habitants a la particularité de n’avoir aucune rue, mais uniquement des kilomètres de passerelles en bois qui relient les différents quartiers.
Jusqu’à 2003, ce village n’était accessible que par la mer. Mais depuis cette date, il est accessible par la route et un hôtel a même été ouvert. C’est dommage, car cet endroit magique va certainement perdre son âme dans les prochaines années avec l’arrivée des touristes. Actuellement, le Boréal est le seul navire de croisière qui a mis ce village à son programme et il est toujours très bien reçu par les habitants.








Mais, aujourd’hui, cette escale est un évènement spécial. En effet, un des passagers s’appelle Monsieur Tortel, comme le village. Il y a quelques années, ce monsieur a découvert lors d’un reportage dans Thalassa qu’un village de Patagonie chilienne avait le même nom que lui. Il a donc fait des recherches et découvert qu’un de ces ancêtres, avait été immigrant dans cette région du Chili et avait participé à la colonisation de cette région. Cet ancêtre est enterré à Valparaiso et son nom a été donné à ce petit village au début du XIXème siècle en l’honneur des son action dans le développement de cette région. Depuis, cette découverte généalogique, Monsieur Tortel a souhaité venir ici sur la trace de ses ancêtres. Sachant cela, le commandant avait prévenu les autorités.
C’est la raison pour laquelle nous étions attendus et avons eu droit à un accueil et une cérémonie vraiment exceptionnels et émouvants : discours, hymnes nationaux, folklore, enfants des écoles, remises des clefs de la ville à Monsieur Tortel et au commandant Garcia. Le maire de Tortel a même versé une larme. Sur la photo de groupe, vous avez de gauche à droite, le maire de Tortel en costume, le commandant Garcia, Madame et Monsieur Tortel (accroupi)


Nous avons dû cependant quitter Tortel à 13h pour pouvoir traverser ce soir vers 20h le passage des Anglais, un endroit très étroit du canal Messier où le Boréal ne peut naviguer que de jour et à marée haute.Donc cet après-midi, repos en contemplant ces paysage magnifiques et désertiques de la Patagonie chilienne que nous avons la chance de découvrir par très beau temps, ce qui n’est pas souvent le cas ici (nous avions 23°C cet après-midi). Vous pouvez voir sur les photos ci-dessous la difficile vie que nous avons à bord.



Le Boréal a filé tout l’après-midi à 17 nœuds et est arrivé à temps à 20h30 au passage des Anglais.
Nous avons interrompu notre dîner à l’appel du commandant pour monter sur le pont : Sur un îlot, un drapeau chilien et une vierge censée protéger les marins qui traversent le passage et exhausser leurs vœux à condition que l’on jette une pièce de monnaie à cet endroit, ce que nous avons fait avec l’équipage et les autres passagers.
Ensuite, le Boréal a pu réduire sa vitesse à 6 nœuds. Nous serons demain matin au réveil devant le glacier ‘Pie XI’. A suivre……


PS : Sur le message d’hier, j’ai oublié hier de vous donner le nom de l’oiseau que j’ai pris en photo depuis notre cabine : il s’agit d’un cormoran impérial que l’on a croisé plusieurs fois depuis notre départ de Valparaiso.


mercredi 16 novembre 2011

Mardi 15 Novembre

En regardant la première photo, n’allez pas imaginer que c’est Françoise qui fait avancer le bateau en pédalant. Mais comme nous passons la journée à bord, nous faisons un peu d’exercice.








Nous en profitons également pour aller faire un petit tour sur la passerelle où nous assistons à la manœuvre lors de l’accès au canal ‘Pulluche’. L’équipage français est aux commandes, mais ce sont les 2 pilotes chiliens qui donnent le cap dans ce passage particulièrement étroit.
Toute la journée nous naviguons parmi des centaines d’îles et d’îlots. Ces lieux sont couverts de forêts et semblent déserts et l’on aperçoit au loin les cimes enneigées de la cordillère des Andes. Parfois un village au loin ou une cabane de pêcheur, également des fermes d’élevage de saumons (le Chili est le 2ème producteur après la Norvège).



Pendant que nous déjeunons à midi, le commandant nous alerte car il a repéré une colonie d’otaries à fourrure qui se prélassent au soleil sur un îlot. Le Boréal s’arrête un moment afin de nous permettre de les observer.




Aujourd’hui, le naturaliste Costaricain nous a fait une conférence sur les baleines et, coïncidence, ce soir nous en avons aperçu une à quelques encablures du Boréal. Nous avons en effet quitté provisoirement les canaux et allons naviguer une partie de la nuit au large. Françoise a pris ses précautions pour le mal de mer en allant se faire poser un patch cet après-midi à l’infirmerie.
Elle a certainement bien fait, car ça brasse pas mal. Un signe : le personnel de service a déposé ce soir des sacs en plastique le long des coursives qui mènent aux cabines (ils n’ont certainement pas envie de nettoyer la moquette demain matin). Il faut dire que nous sommes dans les quarantièmes rugissants. Nous atteindrons les cinquantièmes hurlants demain soir. Mais nous serons de nouveau à l’abri dans les canaux chiliens dès demain matin, et cela jusqu’au Cap Horn.

mardi 15 novembre 2011

13 et 14 Novembre







Désolé pour ce retard, mai nous avons eu quelques problèmes d'accès Internet à Bord. Tout semble maintenant rentré dans l'ordre.

Dimanche 13 Novembre
Beau temps ce matin, mais toujours de la houle.
Aujourd’hui, pas d’orques, mais nous apercevrons quelques dauphins, des otaries et des cormorans en approchant l’île de Chiloé. Le Boréal emprunte sous la pluie le canal de Chacao qui sépare le continent de l’île de Chiloé. Nous entrons alors dans des eaux beaucoup plus calmes. De l’autre côté du chenal le temps s’éclaircit.



Hier au soir, le commandant nous avait annoncé que nous avions beaucoup de retard (à cause du départ tardif de Valparaiso) et que nous n’aurions pas le temps de faire l’excursion prévue sur l’île de Chiloé, mais qu’il allait nous proposer une activité de remplacement :
D’abord, le Boréal a longé la côte est de l’île de Chiloé en s’arrêtant en face d’un village avec une des nombreuses églises de bois qui se trouvent sur l’île et qui sont classées au patrimoine mondial de l’humanité.




Puis il s’est approché d’îlots non accessibles au navire. Il a donc jeté l’ancre et mis les zodiacs à la mer afin de nous permettre de naviguer entre ces îlots. Nous avons eu la chance d’être à bord de la même embarcation que le naturaliste costaricain qui voyage à bord du Boréal et nous avons eu droit à un cours privé sur tous les oiseaux que nous avons croisés : cormorans, sternes, vautours à tête noire ou rouge, pélicans,…. Nous naviguons ainsi parmi les bateaux de pêcheurs au milieu de minuscules villages dont certains possèdent leur église de bois.




Nous retournons au Boréal à la tombée de la nuit, avant de reprendre le cap vers Puerto Montt. Ca, c’est pour demain……

Lundi 14 Novembre



Pendant la nuit, le Boréal est arrivé au mouillage à Puerto Montt. Au réveil (à 6h30 ce matin), nous apercevons dans la brume les habitations de Puerto Montt. Tout ceci n’est pas de très bon augure pour l’excursion que l’on doit faire aujourd’hui. C’est donc équipé pour la pluie que nous embarquons à 7h30 dans les chaloupes qui doivent nous conduire à terre.
En arrivant à quai, surprise !, une otarie vient nous saluer avant de replonger près de la chaloupe.
Nous montons dans le car qui doit nous conduire à au lac ‘Todos Los Santos’. Le paysage est très verdoyant (il pleut ici 3 jours sur 5 avec une moyenne de 4000mm par an) et très fleuri (n’oubliez pas que nous sommes au printemps). A quelques kilomètres du lac, les nuages se déchirent et l’on aperçoit le sommet blanc du volcan Osorno : magique !




Et lorsqu’on arrive au lac, le ciel est complètement dégagé. Nous faisons un tour en bateau sur le lac, puis allons voir les chutes de Petrohue dans un cadre splendide avant d’aller déjeuner. L’après-midi, nous nous arrêtons dans la petite ville de Puerto Varas au bord du lac Llanquihue. Ce lac mesure près de 100km de long. Notre guide nous montre à l’horizon le panache dégagé par un volcan en éruption depuis plusieurs semaines et dont les cendres partent en direction de l’Argentine toute proche.
Nous réembarquons sur le Boréal à 17h30 et le ciel est toujours dégagé. Quelle différence par rapport à ce matin. On nous dit que ce temps est exceptionnel ici.

dimanche 13 novembre 2011

Samedi 12 Novembre

Ce matin, au réveil, nous constatons que nous sommes dans la brume. Il fait 12°C (on est loin des 30°C de notre arrivée et la température de l’eau est à 11°C). Nous sommes obligés de croire le commandant qui nous annonce que nous longeons la côte à environ 15 km.







Françoise a mal dormi, et dès qu’elle se lève, aïe, aïe, aïe…. le mal de mer. Après un petit déjeuner rapidement expédié, nous allons voir le médecin du bord qui lui donne un patch et lui conseille de sortir sur le pont et de fixer la ligne d’horizon en attendant que le patch fasse de l’effet (au bout de 6 heures environ). Effectivement, au bout de 6 heures et après une petite sieste, ça va beaucoup mieux.
Elle n’est pas la seule, plusieurs passagers se promènent avec leur patch derrière l’oreille.

Ce matin, nous avons eu droit à l’exercice règlementaire d’évacuation du navire. Tout le monde s’y prête docilement.


Vers midi, alors qu’on fixait la ligne d’horizon, on voit apparaitre un aileron dans le sillage du Boréal. Un membre d’équipage qui se trouve près de nous aperçoit aussi cet aileron, puis le dos d’un cétacé. A cet instant, le commandant annonce depuis la passerelle que nous assistons à quelque chose d’exceptionnel. Nous venons de croiser la route d’orques en chasse. Il va alors faire ralentir le Boréal et tourner en rond pendant près d’une heure afin que l’on puisse les observer. Nous en comptons 4, à priori un mâle, 2 femelles et un jeune, reconnaissables à la taille de l’aileron. Ils plongent pendant 4 mn et disparaissent de notre vue, puis réapparaissent environ pendant 1 mn avant de replonger pendant 4 mn….


Pour occuper cette journée en mer, nous avons eu également 2 conférences très intéressantes :
- la première sur les conséquences du réchauffement climatique sur le courant Humbold qui longe cette partie du monde avec les phénomènes el nino et el nina, animée par un scientifique costaricain.
- La deuxième est un cours de géographie et d’histoire contemporaine du Chili, animée par un ethnologue chilien.


Le soleil apparait enfin vers 16 heures et nous apercevons la côte (le commandant ne nous avait donc pas menti).



Enfin, soirée de gala avec le cocktail de bienvenue du commandant Garcia. Le commandant nous présente l’équipage (140 membres d’équipage pour 100 passagers), ainsi que les 2 pilotes chiliens qui vont guider le Boréal dans les canaux et les fjords.

samedi 12 novembre 2011

Vendredi 11 Novembre

Après cette première nuit réparatrice, nous prenons la direction de Valparaiso. En route, nous nous arrêtons à l’Hacienda « El Cuadro’ ». A u programme, visite des vignes et dégustation de vin chilien, démonstration des gauchos.




Après le repas nous arrivons à Valparaiso dans les brumes amenées par le Pacifique. Il fait 10° de moins qu’à Santiago. Visite rapide de la ville aux 42 collines avec ses ascenseurs (qui sont en fait des funiculaires) et lorsque nous arrivons au port, le soleil perce les nuages. Le Boréal est à quai.

Les formalités portuaires sont expédiées très rapidement et nous embarquons à 16h.
Nous prenons le temps de nous installer dans nos cabines, puis premier repas à bord. Depuis notre arrivée à bord, on sent un certain stress du côté du commandant qui doit retarder notre départ initialement prévu à 17h (problème de retardataires et d’approvisionnement du navire).
Finalement, nous allons appareiller à 21h30 sous un magnifique clair de lune. Et avant, d’aller se coucher nous voyons s’éloigner progressivement les lumières de Valparaiso.




Demain, journée en mer. Nous essaierons d vous décrire la vie à bord.
A suivre …….

vendredi 11 novembre 2011

Jeudi 10 Novembre

Il est 22h, heure locale, et bien que l'on ait la tête dans le potage avec les 14 heures d'avion et le décalage horaire (moins 4 heures), on va prendre le temps de donner quelques nouvelles de cette première journée.

C'était mal parti au départ avec les grèves du RER B. Merci p'tite soeur de nous avoir conduit au pied levé à Roissy. Ensuite, vol de nuit sans histoire (c'est à dire avec peu de sommeil), puis formalités un peu longues à l'arrivée.

A Santiago, on nous passe les bagages aux rayons X à l'arrivée, comme à l'embarquement. Attention de ne pas emmener de la nourriture dans les bagages: ça coûte 200€. Donc, pour nous Français, pas question de venir avec un camembert ou les confitures de la mamie. Et puis, il y a les chiens qui cherchent la drogue sur les tapis à bagages.

Mais l'arrivée, sur Santiago est magnifique avec le survol des Andes.

L'après-midi, nous avons fait un tour de la ville de Santiago (6 Millions d'habitants), avec l'ascencion d'une colline qui domine la ville, la cathédrale, le palais présidentiel et un séquence plus culturelle avec le musée précolombien.




Ici c'est le printemps (avec quand même une température de 30°). Tous les arbres sont en fleur.
Et ce soir, nous avons dîné au restaurant avec en dessert les fruits de saison, particulièrement les premières fraises.

Bon, là j'ai les yeux qui commencent à se croiser. Demain direction Valparaiso et maintenant Dodo.

PS: ne vous fiez pas aux dates qui apparaissent sur le blog, mon ordinateur est resté à l'heure française.